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L'Association des médecins d'urgence du Québec dénonce le projet de loi no 20

le mercredi 3 décembre 2014

L'Association des médecins d'urgence du Québec (AMUQ) dénonce le projet de loi no 20 qui compromettra à court et à moyen termes la qualité et l'accès des soins dispensés dans les salles d'urgence de la province.

Quelques données

95 % des quelque 2000 médecins qui pratiquent à l'urgence sont des omnipraticiens.

Même en ne considérant que les urgentistes à temps plein, les omni-urgentistes représentent 85 % des 800 médecins à temps plein.

Par conséquent, les 120 urgences québécoises sont grandement dépendantes des efforts des omni-urgentistes pour leurs opérations.

L'urgence : le filet de sécurité de la population

Les exigences imposées par le projet de loi no 20 risquent grandement de déstabiliser les effectifs médicaux des urgences par l'exode ou une réorientation de pratique de plusieurs médecins. Même en ne considérant que les médecins à temps plein, les normes de pratique sécuritaires reconnues ne permettraient pas de respecter les quotas imposés dans le projet de loi. Considérant que 80 % des visites à l'urgence sont justifiées selon l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), les cas qui pourraient être vus ailleurs correspondent à une part minime et la moins complexe du travail du médecin d'urgence. Cette perte d'effectifs risque de créer une pénurie de médecins d'urgence, et ainsi de fragiliser les équipes médicales et de diminuer l'expertise disponible essentielle à la pratique de la médecine d'urgence.

L'AMUQ s'inquiète grandement des conséquences sur la qualité des soins et sur les délais d'attente que le projet de loi pourra provoquer, et craint un retour vers les ruptures de services.

Fondée en 1982, l'Association des médecins d'urgence du Québec a pour mission d'être le leader du développement et de l'excellence de la médecine d'urgence au Québec, et pour vision l'excellence de la médecine d'urgence au service du citoyen.